Mercredi 9 septembre 2009
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Pour une musique corse d'accompagnement, cliquez ci-dessus.
C'est en septembre 2008 au retour de Corse que j'ai vraiment eu le souhaît de concrétiser un rêve : réaliser le Tour de Corse avec mon propre bateau, un semi rigide
Bombard SB 640, Yamaha 150cv.
Relativement "bleu" dans le domaine du nautisme avec aucun raid ni bivouac à mon actif, le challenge s'annonçait assez "piquant".
Partir? ...ok
Mais avec qui?
Un ou plusieurs bateaux?
A quelle période?
Durée du raid?
Bivouac à bord ou à terre?
Organisation du transport.
Trouver un gardiennage pour la remorque.
Assurer un hébergement pendant le Tour pour ma femme et ma fille.
Courant octobre 2008, la décision est prise : il y aura un seul bateau, l'équipage sera composé de Peyo (un pote basque titulaire du permis bateau) , de Thibault
et Julien nos 2 fils respectifs de 12 ans.
Il serait fastidieux de commenter ici la préparation du Tour, plusieurs dizaines de pages seraient nécessaires.
Je peux simplement préciser que l'organisation du projet à été longue et minutieuse. Le moindre détail est important, et il faut s'employer à tenter de tout prévoir, tout en admettant
qu'inévitablement des aléas (météo, matériel, physique....) viendront causer quelques soucis.
Je tenais à remercier la communauté Pneuboat pour l'ensemble des conseils et informations.
17 JUILLET 2009 :
7h : débarquement du Ferry de la SNCM à Propriano
12h : mise à l'eau à Ajaccio avec la présence surprise de Lolo 2A qui me remet 2 bouteilles de rosé (pour remercier les Pneuboat du geste solidaire) à déguster pour le
Rassemblement du 09/08/09.
Le bateau est à l'eau, les embrassades faites, l'équipage à bord, le moteur en marche, lorsque j'aperçois sur le quai un homme pressant le pas vers notre direction.
Mais que nous veut-il ce brave homme?
Il s'approche du bateau : "tu es Ortiacciu?"
"Oui, pourquoi?"
"Je suis Maceli de Pneuboat et je viens t'annoncer un sérieux coup de vent"
Je venais de consulter la météo une heure auparavant.....calme plat !!!!
Je ne connaissais pas Maceli, mais me souvenais de la qualité de ses interventions sur le forum Pneuboat.
Je lui ai fait confiance et j'ai bien fait.
Après 10mn de réflexion, j'ai décidé, à contre coeur, de ressortir le bateau et de repousser notre départ.
Décision pas évidente à prendre car la mer était calme à cet instant, le temps superbe, nous aurions pu partir nous mettre à l'abri dans une crique à une vingtaine de miles.
Très grosse déception.......des mois de préparation et le jour J, premier gros "couac", dur à avaler, d'autant plus que déjà se pose la question de l'hébergement pendant le coup de vent.
Merci à mon ami Fabrice Marcucci pour son accueil "légendaire".
Merci également à Marine Diffusion, à Porticcio, pour le gardiennage et pour nous avoir facilté tous les mouvements avec la remorque.
La gestion des 3 jours d'immobilisation n'a pas été simple.
Combien de temps allait durer le coup de vent?
Comment serait l'état de la mer après son passage?
Nous avons étudié l'éventualité de réaliser le Tour dans le sens inverse que celui prévu initialement
Nous avons même envisagé d'abandonner le projet du Tour complet et de réaliser 2 mini raids, l'un vers le Sud et l'autre vers le Nord.
C'est assez prise de tête, car il faut reprendre tous les bivouacs, les ravitaillements, les étapes, les miles.....
Finalement, et après une légère
modification de la route, nous décidons de réaliser le projet initial : nous en avons conclu qu'il était réalisable tout en conservant une marge de 3 jours.
AVEC LOLO2A
AJACCIO : APERO
SUR LE BATEAU DE IAPI FAMILY
20 juillet 2009 : 1er jour - AJACCIO- PROPRIANO- CAMPOMORO-AGULIA - 40 Miles-
Mer peu agitée à agitée. Force 3 à 4
Petit bonjour matinal à la famille IAPI qui réalise également le Tour mais en sens inverse et avec laquelle nous avions passé la soirée de la veille autour d'une bonne table.
Notre départ tardif d'Ajaccio (11h) ainsi que l'état de la mer encore relativement agitée, nous ont incité à "zapper", la côte Sud du golfe d'Ajaccio, l'anse d'Orzu, la baie de Cupabia, Porto
Pollo.
Nous avons directement navigué vers Propriano uniquement pour faire le plein de carburant.
Il en a été ainsi pendant la totalité du Tour, dès que nous en avions la possibilité....plein d'essence.
De la sorte, nous n'avons jamais tapé dans notre réserve de 40l (2 nourrices), le réservoir de 77l et les pleins réguliers ont été suffisants.
Après une pause casse-croûte à Campomoro, direction vers notre premier bivouac, la crique d'Agulia que je connaissais pour y avoir été 2 fois...à pieds.
Excellent bivouac, très bon abris, attention toutefois à l'entrée de l'anse par mer agitée.
CAMPOMORO
ANSE D'AGULIA
ANSE
D'AGULIA
21 juillet : 2ième jour - LA COTE SAUVAGE - 50 Miles -
AGULIA-FERRU-ARANA-CONCA-TIVELLA-LONGA-TIZZANU-PLAGE D'ARGENT-MURTOLI-MUCCHIU BIANCU-FURNELLU-ARBITRU-CHEVANU-ECUEIL D'OLMETO-PIANOTTOLI-TONNARA-STAGNOLU-PARAGNANO
Mer belle - Force 2 à 3 -
C'est mon secteur de navigation préféré.
Cette côte est un véritable enchantement, la Corse comme je l'aime, sauvage, nature préservée, des criques
toutes plus belles les unes que les autres avec pour la majorité des accès possibles uniquement en bateau.
En fin de journée, on arrive presque à être saturé par tant de beautés.
CALA
CONCA
BAIE
DE LA CALA CONCA
TOUR ET PHARE DE SENETOSA
TIVELLA
TIVELLA
CALA
LONGA
CRIQUE
DANS LA CALA PARAGNANO
22 juillet - 3ième jour - 50 Miles -
PARAGNANO-FAZZIO-BONIFACIO-LAVEZZI-CAVALLO-SPERONE-PIANTARELLA-SANTA MANZA-RONDINARA-PORTO NOVO-RONDINARA-
Mer belle à peu agitée - Force 3 à 4 -
Ravitaillement carburant et nourriture à Bonifacio.
Superbe journée avec arrêts baignades aux Lavezzi et Piantarella.
Pause dégustation rosé avec Aningoul sur la rampe de Gurgazu à Sant'Amanza.
J'avais prévu le bivouac dans une crique du golfe de Porto Novo, hélas celle-ci étant polluée par un dégazage sauvage nous sommes retournés à Rondinara pour bivouaquer et dîner à
la paillote.
ANSE DE FAZZIO
BONIFACIO
BONIFACIO
BONIFACIO
BONIFACIO
LAVEZZI
SANTA MANZA
: DEGUSTATION ROSE AVEC ANINGOUL
RONDINARA
23 juillet : 4ième jour - 35 Miles -
RONDINARA-SANTA GIULIA-PALOMBAGGIA-PORTO VECCHIO-SAN CYPRIEN-PINARELLU
Mer belle - Force 2 à 3 -
Départ vers 9h après une visite matinale des gardes de la réserve des Bouches de Bonifacio pour nous informer très aimablement que le camp doit être levé à l'aube.
Nous avons longé la côte, hélas de plus en plus "mitée" par les nouvelles constructions.
Interdiction de mouiller temporairement (pour une baignade) à Santa Giulia.
Superbes plages de sable fin, très fréquentées du 15 juillet au 20 août.
Pêche à la traîne...pas une prise!!!
Bouée tractée
Plein de carburant à Porto Vecchio
Casse-croûte et baignade à Saint Cyprien
Bivouac à Pinarellu
PARASOL BASQUE A SAN CYPRIEN
LE ROSE D'OREZZA
UN PETIT TOUR DE BOUEE
OEUFS BACON
TRISTE SPECTACLE
24 juillet : 5ième jour - 125 miles -
PINARELLU - AGRIATES
Mer belle à peu agitée - force 2 à 3 -
L'étape prévue initialement était Pinarellu - Santa Maria à l'extrême Nord Est du Cap Corse soit environ 95
miles.
A de multiples reprises pendant la préparation je me suis demandé comment aborder cette étape compte tenu des rares abris et donc de bivouacs qu'elle pouvait nous offrir.
Les éventuels bivouacs étaient : Solaro au Nord de Solenzara, Aléria dans l'embouchure du Tavignano, Taverna et Erbalunga avec le bateau au port et bivouac sur la plage.
La veille de cette étape, la Météo sur le canal 79 annonce un BMS (un bulletin météo spécial)....avis de coup de vent sur le Cap Corse force 7 à 8 pour le surlendemain soit le jour de notre passage
du Cap.
A nouveau, un choix délicat à faire : stopper le Tour et revenir par le Sud ou poursuivre en prenant le risque d'être bloqués un ou plusieurs jours dans le Cap sachant que nous
devions impérativement être de retour à Ajaccio au plus tard le 30 juillet au matin.
Devant une éventuelle très grosse frustration, nous avons décidé de maintenir l'étape.
C'est vrai qu'à cet instant là, cette décision pouvait paraître farfelue.
En fait, nous espérions une erreur de la Météo, ce qu'il ne faut jamais envisager.
Cette nuit là, rares ont été les instants de sommeil ....que nous réserveraient les 2 prochaines journées?
Départ de Pinarellu à 6h50 par une mer d'huile, nous filons à 22 noeuds.
Plein de carburant à Solenzara.
La mer s'agite, nous réduisons la vitesse à 10 noeuds.
Vers 11h, nous sommes à Taverna......plein de carburant, pause café d'1h30.
Sans nous concerter, nous avons la même réflexion " pourquoi ne pas passer le Cap aujourd'hui? ".
Peyo m'en jette un mot, la décision est prise....direction les Agriates pour devancer le coup de vent.
Vers 13h30, à Furiani, une tante nous a salué de son balcon, plein d'essence à Bastia.
Navigation à 20 noeuds jusqu'à Macinagio, plein d'essence.
Nous passons le Cap à 30 noeuds pour le fun, la mer est plate, pas un souffle de vent.
Quel dommage de ne pouvoir prendre son temps et visiter comme prévu, Barcaggio, Tollare, Centuri et l'ensemble des criques du secteur.
Rencontre avec les dauphins au large de Saint Florent où nous ferons l'ultime plein de la journée.
C'est la première fois que je naviguais 125 miles d'une traite, en position debout, sans direction hydraulique, une mer peu agitée sur 30% du trajet, une tendinite récurrente au coude
droit.....nous avons apprécié de nous poser au bivouac vers 17h pour enfin casser la croûte à l'embouchure du Fiume Santu au début des Agriates....très bon abri.
Nous felicitons nos fistons pour leur comportement exemplaire durant cette longue journée.
Grâce à mon grand copain "Google Earth", j'avais repéré une possibilité de bivouac à cet endroit.
Nous y resterons planqués 2 jours....comme prévu le coup de vent arriva dans la nuit.
Le lendemain, repos, j'en profite pour me casser la figure dans les rochers pendant une partie de "trape-trappe" avec les 2 garçons.
VIEUX
PORT DE BASTIA
LE CAP CORSE
RENCONTRE AVEC LES DAUPHINS
FIUME SANTU
LA
SURPRISE DU CHEF
L'EQUIPE
DOMMAGES
COLLATERAUX
DOUCHE SOLAIRE
26 juillet : 7ième jour - 45 miles
FIUME SANTU - LOTO - SALECCIA - GHIGNU - MALFALCU - OSTRICONI - ILE ROUSSE - ALGAJOLA - CALVI - REVELLATA
Mer belle - force 2 -
Nous avons longé le désert des Agriates et ses superbes plages avec un arrêt pour visiter les paillers de Ghigniu.
Vingt ont été restaurés et peuvent accueillir chacun 4 à 6 couchages. Equipement spartiate, lit en béton, sanitaires communs très propres.
Renseignement à l'office de tourisme de Saint Florent ou sur place en s'adressant directement au gardien.
Lieu idéal pour se ressourcer, nous n'y avons rencontré que des vaches vagabondant dans le village.
Hélas un matelas de Posidonis (plante aquatique) recouvre une superbe plage.
Déçu par Malfalcu, les photos sont parfois trompeuses.
Arrêt d'une heure à Ile Rousse pour une rapide visite et quelques achats, le capitaine du port nous ayant gentiment proposé une place.
Ensuite, nous avons pris la direction de Calvi, plein de carburant et ravitaillement nourriture.
Ici ausi nous avons été très bien accueillis par le personnel du port qui nous a également proposé une place provisoire.
Sachant que la pointe de la Revellata est parfois délicate à passer, j'avais prévu de bivouaquer dans l'anse d'Alga sur la côte Sud-Est de la presqu'île de la Revellata pour profiter d'une mer
calme en partant tôt le matin.
Nous avons trouvé une petite crique très sympa.
SALECCIA
GHIGNU
MALFALCU
L' ILE ROUSSE
CALVI
BOUEE
A LA REVELLATA
BIVOUAC A LA REVELLATA
27 juillet : 8ième jour - 45 miles
REVELATTA - NICHIARETO - GROVANI - GALERIA - FUCULARA - SCANDOLA - GIROLATA - TUARA
Mer ridée à belle - force 1 à 2 -
Comme prévu, nous levons le bivouac assez tôt.
Agréable surprise, nous avons une mer d'huile à la pointe de la Revellata. Nous longeons la presqu'île à la recherche de la grotte des veaux marins.
Nouvelle rencontre avec les dauphins.
Nous abordons une superbe côte rocheuse relativement méconnue, la montagne se jette dans la mer, c'est magnifique.
Arrêt à Galéria, petit port très agréable, village bien préservé, discussion au café avec un villageois qui nous commentera la vie et les origines du village.
Nous poursuivons jusqu'à Fuculara, le bivouac initialement prévu.
Ici, un majestueux cirque se dresse devant nous, j'ai eu un coup de coeur pour ce site.
Nous sommes à la mi-journée, nous décidons de naviguer vers la Scandola, au passage une petite halte dans l'anse d'Elbo, et nous risquons le bateau dans les grottes du secteur.
Nous approchons du golfe de Porto, l'unique site totalement naturel de France métropolitaine inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco (depuis 1983).
La réserve qui fait partie du parc naturel régional de Corse, occupe la presqu'île de la Scandola, impressionnant massif d'un rouge orangé intense, aux formes surprenantes.
Epoustouflant panorama!!!
Ici, c'est le royaume de l'aigle de mer, le balbuzard, dont on peut apercevoir les nids.
On y trouve également l'habitat d'une espèce disparue, le phoque moine dont le dernier spécimen fut aperçu ici même en 1970.
Bientôt, se découvre à l'horizon le fort de Girolata, hameau accessible uniquement par mer ou par un sentier.
Devant l'affluence, nous passons notre chemin, pour rejoindre la plage de Tuara, très certainement notre bivouac le plus grandiose avec toutes ces montagnes environnantes.
GROTTE DES VEAUX MARINS
PAGLIA ORBA ET TAFUNATU
ANSE ELBO
DOUBLE FACE
NID DE BALBUZARD
GIROLATA
GIROLATA
TUARA
TUARA
COIN CUISINE A TUARA
TUARA
28 juillet - 9ième jour - 50 miles -
TUARA - OSANI - PARTINELLO - PORTO - PIANA - CAPO ROSSO - SANGUINAIRES - AJACCIO -
Mer calme - force 1 à 2 -
Réveil très matinal.
Passage à l'embarcadère pour Girolata.
Nous longeons la côte de crique en crique au plus près du rivage jusqu'à Porto où nous ferons le plein de carburant.
Direction le Capo Rossu , l'extrême pointe ouest de la Corse.
Quel privilège de caboter le long des somptueuses Calanches de Piana!!
Attention toutefois aux nombreux récifs à l'approche du Cap, extrême vigilance de rigueur.
Nous entrons prudemment dans une galerie et débouchons sur la fameuse anse de Capo Rossu surplombée de majestueuses falaises de plusieurs centaines de mètres.
Ici, c'est un peu la bousculade. On y trouve toutes sortes d'embarcations, du kayac jusqu'au prestigieux yacht, en passant par les jet-ski et les navettes de touristes.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'apostropher très séchement les occupants d'un yacht de 50m qui avait pris la liberté de mouiller à cet endroit, obstruant la moitié de la crique.
Je ne peux pas supporter le "sans gêne" de certains surtout lorsqu'il s'agit d'un navire de plusieurs dizaines de millions de dollards qui aurait pu jeter l'ancre en toute sécurité à une
centaine de mètres du rivage.
Le capitaine français, tout de blanc vêtu, est resté courtois contrairement à certains membres de l'équipage gesticulant sur le pont, en me traitant de Fu....
Vraiment regrettable de n'avoir pas pu mémoriser le nom du vaisseau.
Ensuite, nous avons navigué par 25 noeuds sur une mer d'huile jusqu'à Ajaccio en passant par les Sanguinaires et une dernière rencontre avec les dauphins comme un Au Revoir et à
Bientôt.
TOUR DE PORTO
ENTREE DU PORT
DE PORTO
PLAGE DE PIANA -
FICAJOLA
CAPO ROSSO
Pour un autre aspect de la Corse, celle des montagnes, je vous invite à visiter le blog de mon village en cliquant sur le lien ci-dessous.
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Par Ortiacciu
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